La langue du survivant, la langue survécue
Qui part en exil, porte son histoire dans sa langue. La langue devient alors la mémoire, la main, le regard, le chemin : elle devient sensible.
Qui part en exil, qui s’exile, veut survivre au désastre. A quelque chose à faire survivre au désastre.
Il y a une langue éveillée qui, regardant le désastre, se met tout de suite en danger d’être meurtrie. Cette langue, les yeux ouverts, se rend compte que le désastre engloutit toute langue encore éveillée.
C’est ainsi que la langue uniforme, la langue officielle, censure toute autre langue. Toute autre langue est condamnée à disparaître. C’est toute autre langue qui part en exil.
contriubtion au journal Corsswords : http://xwords.fr/blog/axis1/435